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Les transferts industriels et l'art de la décalcomanie

« Qui ne s’est jamais arrêté pour admirer un train défilant sur nos voies ferrées lorsque les wagons et la locomotive sont frais peints et décorés ? Nous préférons tous regarder un omnibus décoré avec soin plutôt qu’un autre qui n’affiche que de grosses lettres rouges représentant des rues. »

Traduction d’un extrait de The American Painter and Decorator, mars 1876

Introduction

Le Musée des sciences et de la technologie du Canada possède une collection riche et exhaustive de transferts industriels de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Les transferts industriels étaient une forme de décalcomanie fréquemment utilisée au Canada et partout dans le monde. Ils remplaçaient les méthodes coûteuses de peinture à la main des armoiries, des marques de commerce, des enseignes, des décorations, des lettres et des nombres sur les trains, les navires et la machinerie industrielle.

  (Fig.1)
Voiture-coach du XIXe siècle ornée de dorures et affichant les armoiries royales (680879*)
(Fig.2)
Locomotive à vapeur magnifiquement décorée de la Midland Railway of Canada, no 15 « Adolph Hugel » de type 4-4-0, vers 1880 (Collection MSTC/CN 002546)

Bien appliqués, les transferts étaient très durables, ce qui en faisait des moyens de lettrage et d’ornementation particulièrement intéressants pour l’équipement soumis à diverses conditions climatiques, par exemple pour les trains roulant dans des climats tropicaux ou secs extrêmes et pour les trains longs parcours réduits à un entretien minimal.

La collection du Musée a une valeur historique et éducative sans pareille. Même si le mot « transfert » et ses équivalents « décalque » et « décalcomanie » ont souvent été utilisés pour décrire un dessin, un motif ou un modèle qui pouvait être reporté d’une surface à une autre par contact direct, et même si la technique décorative était elle-même bien connue, ces termes étaient habituellement associés à l’ornementation de la porcelaine et de la faïence. Cependant, les transferts industriels appliqués, par exemple, sur les trains et véhicules commerciaux n’étaient pas aussi nombreux. C'est pourquoi la collection constitue une ressource précieuse qui permet d’analyser les techniques d’impression de la fin du XIXe siècle, telle la lithographie, et d’étudier la conception d’objets industriels et les premiers arts graphiques.

  (Fig.3)
Faïence ornementée d’un transfert fabriquée par Creil et Montereau vers 1870 (871483)
* Les numéros entre parenthèses sont les numéros d’acquisition des objets de collection du Musée.

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